OBJECTIFS

Les pentes naturelles sont des lieux de prédilection pour pratiquer une des activités hivernales les plus populaires et accessibles : la glissade. Dans la foulée de l’adoption de politiques familiales, certaines municipalités se sont préoccupées plus attentivement de leur responsabilité civile et de la sécurité de ces pentes naturelles pour éviter, notamment, les collisions des glisseurs avec des obstacles et d’autres usagers.

Les utilisateurs principaux des aires de glissade sont les familles, les jeunes enfants et les adolescents. Ces personnes recherchent le plaisir en toute sécurité. Trois préoccupations majeures devraient guider les gestionnaires responsables de l’aménagement, de la gestion et du travail sur le terrain des aires de glissade familiales : la qualité de l’expérience de loisir, la maximisation des jours d’utilisation et la sécurité de la glissade.

Le présent guide a pour objectifs d’outiller et d’orienter toutes les personnes qui s’intéressent au développement des aires de glissade familiales en milieu municipal, à leur aménagement, à leur exploitation, aux préparatifs, au montage, à leur entretien et à la sécurité. Ce guide est destiné aux professionnels, mais aussi à tous ceux qui s’intéressent à cette activité : pratiquants, élus, gestionnaires, techniciens, ingénieurs, contremaîtres, personnel d’entretien, surveillants d’installation, etc. Il vise à offrir des aires de glissade familiales sécuritaires, fonctionnelles et durables, répondant adéquatement aux besoins actuels et futurs des municipalités et de leurs citoyens.

Le présent guide entend informer les acteurs de toutes les étapes du développement d’une aire de glissade, mais aussi des caractéristiques et des attentes des utilisateurs et des critères de qualité de cette offre de service en loisir.  L’aménagement exige un savoir-faire intégrant les techniques de construction et d’entretien des pistes et des exigences en matière de sécurité. Enfin, le guide offre un cadre de référence en matière de gestion d’une aire de glissade.

Les soubresauts des conditions météo imposés par les changements climatiques exigent tout particulièrement chez tous les intervenants des connaissances de plus en plus sophistiquées des techniques d’aménagement et d’entretien des aires de glissade. On prévoit en effet des diminutions d’utilisation des installations de l’ordre de sept à neuf jours pour l’horizon 2030. Et on projette une contraction supplémentaire de quatre jours pour l’horizon 2050. Le temps de fabrication de neige, de plus en plus indispensable à l’enneigement des pistes, augmentera de 32 à 39 % pour l’horizon 20301.

À la différence d’autres équipements de loisir, peu de normes reconnues et d’études en profondeur s’appliquent aux aires de glissade. Toutefois, différents projets de recherche portant principalement sur la formation et la composition des manteaux neigeux ont permis de dégager des paramètres précis. Par exemple, les principes physicochimiques appliqués à la fabrication de neige de culture (nivoculture) favorisent l’efficacité des canons et la mise en place de procédures de travail hâtant la date d’ouverture des pistes de ski. Parallèlement à la fabrication de la neige, les procédures d’entretien des pistes permettent d’en améliorer la sécurité et de faire face aux soubresauts des conditions météo.

Dès lors, ce guide s’appuie autant sur l’expérience des organisations et sur des principes scientifiques que sur des méthodes de travail reconnues avec, en toile de fond, la législation s’appliquant à la responsabilité civile combinée aux mesures de santé-sécurité.

Produit d’une longue recherche, ce guide a bénéficié de la collaboration de plusieurs acteurs, réunis au sein d’un comité de pilotage. Il a été réalisé par l’Association québécoise du loisir municipal (AQLM), en collaboration avec le ministère de l’Éducation du Québec (MEQ), ainsi que les villes de Gatineau, Laval, Lévis, Longueuil, Montréal, Québec, Sherbrooke, Terrebonne et Trois-Rivières.

Ce guide reprend aussi divers éléments du Guide d’aménagement et de gestion des aires de glissade publié en 2006 par l’AQLM, en collaboration avec le Laboratoire en loisir et vie communautaire de l’Université du Québec à Trois-Rivières et le MEES.


[1] Desrochers, Félix-Antoine, Évaluation expérimentale et théorique de l’efficacité de canons à neige et modélisation 1D du couvert de neige d’une piste de ski, mémoire de maîtrise, Faculté de Génie, Département de génie civil, Université de Sherbrooke, 2017

Le Guide d’aménagement, de gestion et d’exploitation des aires de glissade vise à fournir les outils nécessaires pour faire en sorte que la pratique de la glissade soit agréable, tout en étant sécuritaire pour les utilisateurs et la municipalité. Le simple aménagement d’une aire de glissade, même à la suite de la mise en place de mesures passives favorisant la sécurité des usagers, ne la rend pas forcément sécuritaire. La municipalité doit réglementer la pratique de la glissade, elle doit aussi fortement recommander aux parents de superviser les jeunes enfants.

L’aire de glissade familiale est généralement composée d’une pente naturelle ou d’une structure artificielle (en terre, en bois ou en métal), d’un corridor de remontée et d’espaces de dégagement en haut et en bas de la pente. Les utilisateurs peuvent utiliser leurs propres engins ou appareils de glissade. Certaines aires sont dotées de services connexes comme des stationnements et des bâtiments de services. Les aires de glissade sont considérées comme des espaces de pratique libre requérant un minimum d’encadrement. Elles se distinguent des centres de glissade, lesquels, généralement, imposent un type d’engin ou d’appareil de glissade, sont dotés d’un système mécanique de remontée et font appel à un personnel nombreux.

Les équipements de glissade ont beaucoup évolué. Les vitesses atteintes sont de plus en plus rapides, et il faut en tenir compte. On ne doit pas se contenter d’offrir un lieu sécuritaire, on doit aussi se préoccuper de la qualité de la pratique, reconnaissant qu’il s’agit d’une activité de loisir qui porte son propre potentiel de satisfaction et de développement. Ainsi, la satisfaction psychologique, sociale et logistique doit être prise en compte et ses exigences se refléter dans les aménagements.

Rédaction

Claude Nicol

 

Coordination

Adèle Antoniolli, Association québécoise du loisir municipal
Hélène Caron, Association québécoise du loisir municipal

 

Révision linguistique

Denis Poulet

 

Direction

Geneviève Barrière, Association québécoise du loisir  municipal

 

Comité de pilotage

Alain Chastellas, Ville de Longueuil
François Michon, Ville de Montréal
Isabelle Boisvert, Ville de Trois-Rivières
Isabelle Bouchard, Ville de Lévis
Isabelle Henry, ministère de l’Éducation
Jean-François Elliot, Ville de Terrebonne
Johann Dumont Baron, Ville de Sherbrooke
Kelly Soucy-Levasseur, Ville de Laval
Martin Riopel, Ville de Gatineau
Michel Saint-Pierre, Ville de Montréal
Yves Garant, Ville de Québec

 

Remerciements

Marie-Annick Tourillon, Association des stations de ski du Québec
Peggy Powers, Mutuelle des municipalités du Québec

 

Contribution aux capsules

Patrick Charbonneau, Ville de Longueuil

 

Conception graphique et montage

  • Design graphique
    Publi Griffe
  • Programmation et réalisation Web
    Hébert Communications